Avant d'accorder un crédit personnel, auto, moto ou immobilier, une banque ne se contente pas de vérifier tes revenus. Elle calcule deux indicateurs précis, qui déterminent souvent à eux seuls si le dossier passe ou non : le taux d'endettement (ou taux d'effort) et le reste à vivre. Pour l'immobilier, ces règles sont même devenues une norme contraignante depuis 2022, pas seulement une recommandation.
Depuis le 1er janvier 2022, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) impose aux banques françaises deux règles contraignantes pour tout crédit immobilier :
Le taux d'effort correspond à la part des revenus consacrée au remboursement de l'ensemble des crédits en cours (mensualité du nouveau prêt + crédits existants), rapportée aux revenus nets mensuels avant impôt.
Un couple percevant 1 800 € et 2 000 € nets par mois, soit 3 800 € au total, peut consacrer au maximum 3 800 × 35 % = 1 330 € par mois au remboursement de ses crédits, assurance comprise. Les 65 % restants — soit 2 470 € ici — constituent le reste à vivre du foyer.
Le taux d'endettement seul ne dit pas tout : 35 % d'endettement sur un revenu confortable laisse un reste à vivre bien plus large que 35 % sur un revenu modeste. C'est pourquoi les banques regardent aussi le reste à vivre en valeur absolue : ce qu'il reste chaque mois une fois toutes les charges de crédit payées, pour couvrir alimentation, transports, loisirs et imprévus. Il n'existe pas de seuil légal unique pour le reste à vivre — contrairement au taux d'endettement — mais chaque banque applique sa propre grille, généralement ajustée à la taille du foyer.
Le HCSF autorise les banques à déroger à ces règles pour une part limitée de leur production trimestrielle de crédits — une marge de flexibilité fixée à 20 %. Cette enveloppe est concentrée en priorité sur l'achat de la résidence principale, avec une part réservée aux primo-accédants. Concrètement, un dossier légèrement au-dessus de 35 % peut malgré tout être accepté si la banque dispose encore de marge dérogatoire disponible ce trimestre-là et si le reste à vivre est jugé solide.
Effet mesuré : selon la Banque de France, la part des nouveaux prêts accordés avec un taux d'effort supérieur à 35 % est passée d'environ 25 % avant la règle à environ 12 % depuis sa mise en place — la norme a bien resserré les pratiques du marché.
Avant de monter un dossier, calcule ta mensualité maximale tenable à partir de ton taux d'endettement actuel (crédits en cours) et de tes revenus nets. Le simulateur de crédit permet d'ajuster montant, taux et durée pour voir directement l'impact sur la mensualité, et donc d'estimer si un nouveau crédit reste dans une zone raisonnable avant de solliciter une banque ou un courtier.
Sources : Banque de France — Haut Conseil de Stabilité Financière
Oui, depuis la norme HCSF de 2022, l'assurance emprunteur est comptée dans le calcul du taux d'effort, au même titre que les intérêts et le capital.
Oui, dans la limite de la marge de dérogation de 20% que chaque banque peut appliquer sur sa production trimestrielle, réservée en priorité aux primo-accédants et à l'achat de résidence principale. Rien ne garantit cependant qu'elle soit encore disponible au moment de ton dossier.
Le principe est similaire (mensualités rapportées aux revenus), mais la limite de 35% et la durée de 25 ans sont des normes HCSF propres au crédit immobilier. Pour un crédit à la consommation, chaque banque applique ses propres critères internes, généralement dans le même ordre de grandeur.